
2 avr. 2026
Augmenter la productivité de son équipe en travaillant sur moins de projets en simultané
Avez-vous déjà terminé une journée de 8 heures avec l'impression de n'avoir rien accompli de concret ? Avez-vous vu vos équipes s'essouffler sur des projets qui stagnent malgré des semaines de travail acharné ?
L’enjeu ne réside pas dans un manque de talent ou de volonté, mais dans un piège structurel : la multiplication des projets en simultané. Pour retrouver une productivité réelle et un sentiment d'accomplissement, il est temps de réellement prioriser : travailler sur moins de projets en même temps pour avancer plus vite.
Le coût caché des « efforts logistiques »
Pour comprendre pourquoi la simultanéité nuit à la performance, il faut se tourner vers les travaux de Cal Newport, auteur et professeur spécialisé dans l’impact de la technologie sur le travail. Newport introduit un concept fondamental : les efforts logistiques.
Chaque projet sur lequel nous travaillons, nécessite des efforts logistiques qui ne correspondent pas au travail de création de valeur (analyse, rédaction, stratégie, résolution de problèmes), mais à tout ce qui gravite autour pour maintenir le projet en vie :
Les chaînes de courriels interminables pour clarifier un point de détail.
Les rencontres de suivi pour s’assurer que tout le monde est sur la même longueur d'onde.
La rédaction de comptes-rendus et de rapports d'étape.
La planification des calendriers en fonction des disponibilités.
Ces tâches n'apportent aucune valeur ajoutée directe ni au client ni à l'organisation. Elles sont nécessaires administrativement, mais elles ne font pas avancer le livrable. Le piège est mathématique : plus vous menez de projets de front, plus la part de votre temps consacrée aux efforts logistiques explose, au détriment du travail de fond.
La culture de l'urgence : l’illusion du mouvement
Pourquoi tombons-nous si facilement dans ce piège ? La réponse se trouve dans la culture de l'urgence. Dans beaucoup d'organisations, urgent est devenu le réglage par défaut. Si un projet est important, il doit être démarré immédiatement.
Cette mentalité crée un goulot d'étranglement invisible. En avançant cinq projets en même temps, on multiplie par cinq les besoins logistiques. Résultat : une journée de travail typique se transforme en une succession de micro-tâches administratives. On passe deux heures sur de la création de valeur et six heures à gérer du bruit informationnel.
On a l’illusion de bouger parce qu'on court partout, mais on avance à pas de tortue sur chaque dossier. C’est le syndrome du surplace : on survole tout, on n’approfondit rien, et les dates de livraison finales finissent par glisser.
Le prix cognitif du changement de contexte
Au-delà de la logistique, il existe un coût invisible et dévastateur pour notre cerveau : le résidu d'attention.
Passer d'un projet A à un projet B ne se fait pas instantanément. Lorsque vous quittez une analyse financière pour entrer dans une réunion sur le marketing, une partie de votre cerveau reste prise sur le sujet précédent. Ce changement de priorité constant engendre un coût cognitif important.
Travailler par petits blocs sur plusieurs projets force l’esprit à se réinitialiser sans cesse. On perd un temps précieux à se remettre dans le bain, à retrouver où on en était, à reconnecter les idées. À la fin de la journée, cette fatigue mentale réduit notre capacité à prendre des décisions stratégiques et augmente le risque d'erreurs.
L’épuisement du soir : quand la satisfaction s’envole
L’une des conséquences les plus perverses de cette surcharge de projets est l’impact sur la santé mentale et l’engagement des employés.
À 17h, le constat est souvent insatisfaisant : «Qu’est-ce que j’ai réellement fait aujourd’hui?». Puisque la majorité de la journée a été engloutie par des suivis et des courriels (les efforts logistiques), le sentiment d’accomplissement est inexistant. L’impression de n’avoir fait que «gérer des feux» ou «brasser de l’air» génère une insatisfaction profonde.
C’est ici que s’installe un cercle vicieux :
La personne se sent coupable de ne pas avoir avancé sur ses dossiers de fond.
Pour compenser, elle amène son travail à la maison le soir.
Elle cherche alors une période de calme, sans notifications ni interruptions, pour enfin faire du travail de valeur.
Bien que cela puisse sembler productif sur le court terme, c'est la recette parfaite pour l'épuisement professionnel. On empiète sur le temps de récupération pour accomplir ce qui aurait dû être fait durant la journée si la structure de travail avait été mieux optimisée.
La solution : priorisation et profondeur
Réduire le nombre de projets actifs simultanément n'est pas un signe de paresse, c'est une stratégie de haute performance. En limitant le front de travail, on inverse la tendance :
Réduction drastique de la logistique : Moins de projets signifie moins de réunions de coordination, moins de courriels de suivi et une communication plus fluide.
Accès au travail de concentration : En ayant de plus grandes plages horaires consacrées à un seul sujet, on peut creuser, analyser et innover. La qualité des livrables augmente de façon exponentielle.
Accélération de la livraison : En plus, on livre plus de projets sur une année en les traitant de manière séquentielle plutôt qu'en parallèle. Un projet terminé à 100% a plus de valeur que cinq projets complétés à 20%.
Satisfaction retrouvée : Voir un dossier progresser significativement en une seule journée procure une dose de dopamine naturelle. On quitte le bureau avec le sentiment du devoir accompli, ce qui permet de réellement décrocher le soir.

Comment passer à l'action en tant que gestionnaire ?
Pour transformer la productivité de votre équipe, vous devez agir sur la structure même du travail :
Priorisez réellement : Identifiez les deux projets qui auront le plus d'impact et mettez les autres en file d'attente (parking lot). Un projet en attente ne génère aucun effort logistique.
Instaurez des périodes de concentration : Encouragez des périodes sans réunion où l'équipe peut se concentrer sur une seule priorité sans interruption.
Valorisez les résultats plutôt que l'occupation : Célébrez les projets terminés plutôt que le nombre de dossiers sur lesquels une personne travaille.
Mesurez le coût du bruit : Prenez conscience du temps passé en réunions de mise à jour et demandez-vous si elles sont toutes nécessaires.
Conclusion
La productivité moderne ne consiste pas à faire plus de choses en même temps, mais à faire les bonnes choses avec une attention totale. En libérant vos équipes du poids des efforts logistiques superflus et en leur permettant de se concentrer sur moins de projets, vous ne faites pas que protéger leur santé mentale : vous décuplez la valeur que votre organisation produit. Moins de bruit, plus de profondeur, plus de succès.
Vous sentez que votre équipe s'essouffle dans la gestion du quotidien au détriment de vos ambitions stratégiques? Planifiez un appel découverte pour discuter comment nous pouvons vous accompagner.
FAQ
1. Comment dire «non» à un nouveau projet urgent sans nuire à la croissance de l’entreprise ?
Il ne s’agit pas de dire non de façon définitive, mais plutôt de choisir le bon moment. Expliquez aux parties prenantes qu’en retardant le démarrage du projet B jusqu’à la complétion du projet A, le projet B sera réalisé 30 % plus vite et avec une qualité supérieure, car l’équipe n'aura pas à subir de pertes de temps logistiques. Prioriser, c'est protéger le ROI de chaque initiative.
2. Est-ce que cette approche s'applique aussi aux petites équipes qui doivent être polyvalentes ?
Absolument, et c’est même encore plus critique pour elles. Dans une petite structure, les membres de l'équipe portent déjà plusieurs chapeaux. Si, en plus de leurs rôles variés, ils doivent jongler avec trop de projets simultanés, le bruit administratif finit par absorber la quasi-totalité de leur temps de travail. Limiter les projets ouverts permet à une petite équipe de rester agile et de livrer des résultats concrets au lieu de s'épuiser dans une coordination constante.
3. Comment identifier quels projets mettre sur pause pour réduire la charge cognitive ?
Priorisez les projets qui génèrent le plus de valeur directe pour vos clients ou vos objectifs annuels. Si un projet demande énormément de réunions et de suivis pour très peu de résultats tangibles à court terme, c'est le candidat idéal pour être mis en attente.




